Histoire du village

Le document le plus ancien existant à notre connaissance et faisant référence à Sansa est daté du XIème siècle, plus précisément du 28 août 1067. Il s'agit d’un testament dans lequel Sansa apparaît sous l'appellation de Santiano.
Un siècle plus tard, le 20 décembre 1189, Sansa figure dans un acte de vente sous la désignation de Villa Sanciani, in parrochia Sancti Johanis, acte qui nous apprend par la même occasion la christianisation tardive du village puisque ce n’est qu’entre ces deux dates que celui-ci est devenu une paroisse, dédiée à Saint Jean. D’autres sources nous indiquent en effet qu’à la même époque des pratiques païennes avaient cours localement, notamment sous la forme du culte des arbres (1). Il est donc permis de penser que le début de la construction de l’église romane de Sansa date de cette période.
Une étude de l'abbé Giralt nous apprend qu’en 1263 le roi d’Aragon reconnaît au prieur de Corneilla de Conflent la possession de la villa de Censiano. Sautons rapidement quelques siècles. La même étude nous informe que, à l’époque des guerres de religions qui ensanglantaient le tout proche royaume de France, Sansa avait été incendié par les Français et sa population anéantie par la peste et la guerre, de sorte que le 25 septembre 1562 le Prieur de Corneilla de Conflent repeupla de village avec six familles de Matemala, en Capcir, et deux d' Eyne, en Cerdagne, familles dont les noms suivent : Pau Noliach, Guixo Fondera, Ramon Verges, Joan Salvat Major de Dias, Joan Salvat Menor de Dias, Joan Predell, Gaspar Deulofeu, Jaume Salvat, et Barthomeu Deunies ou Deunido. Parmi les conditions d'inféodation faites aux nouveaux venus, on note l'obligation de relever le château, alors détruit, qui devait leur servir de refuge en temps de guerre.
Mais, le 13 Juillet 1599, les fermiers des rentes du prieuré sous-affermaient pour trois ans à un certain Joan Pere Montagut, d'Olette, tous les revenus de Sansa pour 90 livres seulement, ce qui nous incite à penser que de nouveaux malheurs avaient éprouvé le village.
Les calamités répétées au cours de la deuxième moitié du XVIème siècle nous expliquent pourquoi, hormis l'église romane, les éléments les plus anciens du patrimoine architectural de Sansa ne remontent pas au-delà du XVIIème siècle.
Le XVIIIème voit l’émergence d’une famille dirigeante, la famille Delcasso, déjà bien installée en Cerdagne, Capcir et haut-Conflent, qui se constituera en véritable dynastie de hobereaux locaux et fournira un grand nombre de maires à la commune de Sansa jusqu’à 1935. L'ancienne maison Delcasso abrite aujourd'hui le gîte rural.

(1) Mathias Delcor. Les cahiers de Saint-Michel-de-Cuxa n°12, page 72.


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