«Lo castell» de Sansa


La mémoire populaire de Sansa, incarnée par le dernier habitant originaire du village, M. François BANET, situait sur la parcelle n° 282, section B, l'emplacement de ce qui aurait été jadis le « castell », lieu-dit dont ni le cadastre actuel, ni celui de 1824 ne font mention.

Sur la base de cette information, M.Georges CASTELLVI, archéologue, était appelé sur les lieux et considérait comme plausible la situation d'une motte castrale à l'emplacement indiqué, pensant également que, dans cette hypothèse, la parcelle voisine n° 283 aurait pu constituer une partie du fossé qui entourait la fortification.

Le site occupe en effet un promontoire naturel d'où l'on a vue, vers l'aval, sur la partie inférieure de la vallée des Garrotxes (de Sansa à Olette) et, vers l'amont, sur la partie supérieure de cette vallée qui relie Sansa au col qui porte son nom, point de passage vers le Capcir.

L'existence d'une fortification à Sansa étant avérée par les textes pour la période allant du milieu du XIIIème siècle à la fin du XIVème au moins, il restait à s'assurer que son emplacement correspondait bien au site présumé. Un sondage était alors décidé et réalisé sur le lieu supposé du fossé.

D'une surface de 2 m2 environ et une profondeur de 2,85 m, ce sondage permettait :
1 - la confirmation de l'existence d'un fossé défensif et donc de la fortification qu'il entourait,
2 - la découverte, dans les 2/3 inférieurs de la fouille, de tessons de céramique grise attestant l’origine médiévale de la construction,
3 - la mise en évidence, dans le 1/3 supérieur, de deux lits horizontaux de mortier de chaux mêlé de pierraille correspondant à deux moments distincts de la destruction du bâtiment.

Quand on sait que Sansa fut détruit par les Français au cours des ravages qu'ils commirent à la fin du XVème siècle ou au début du XVIème et que la reconstruction ainsi le repeuplement du village furent entrepris fin 1562, on peut présumer que le « château », ou ce qu’il en restait à ce moment-là, après avoir partagé le triste sort des autres constructions, servit finalement de carrière de pierres au commencement du XVIIème.    

Ce castell a servi, depuis le Traité de Corbeil en 1258 qui le situait sur la ligne de frontière entre le royaume catalano-aragonais et le royaume de France, de point d'observation sur la vallée du Cabrils menant d'Olette au col de Sansa, de tour à signaux sonores et de relais par vue. Il constituait également un grenier à provisions fortifié durant les périodes troublées.

Texte de Georges CASTELLVI et Claude GENDRE
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Plan

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Coupe

chateau

Vue du côté Est

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Vue du côté Sud


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